Le redoublement scolaire en question
L’Education nationale n’aime pas le redoublement. Mais il faut aider les « triplants en terminale« . Cherchez l’erreur !
L’Ecole est malade. Les exigences de base, lire, écrire, compter, ne sont pas satisfaites. Pour y répondre, des mesures démagogiques sont prises par Najat Vallaud Belkacem, ainsi la disparition des notes ou la suppression du redoublement dans les années 2020. Et, soucieux de la jouer « économique », le gouvernement fait valoir que le coût du redoublement est estimé à environ 2 milliards d’euros par an (sur un budget de l’Éducation nationale de 65 milliards environ). Trop cher.
Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes, en France, on ne pratique presque plus le redoublement. En Collège, en 2012, il y avait seulement 2,3% de redoublements alors qu’en 1995, il y en avait 12,5%. Soulever cette question c’est agiter de l’air pour se donner bonne conscience.
Une fois de plus, cette décision revient à casser le thermomètre pour pouvoir déclarer que l’Education nationale, malade, va mieux. Elle conduit tout droit à un nivellement par le bas et à une sélection qui se fera par l’argent, plus tard et ailleurs. Tout le monde constate la multiplication à Blois des stages ou cours spécialisés de Langues, de Maths/Physique et bientôt d’orthographe (*). Où est leur « école de la République » ?
A cela s’ajoute le fait que l’enseignement privé sous contrat se verra lui aussi interdire de faire redoubler les élèves qui en auraient besoin. Autant dire que, ne disposant plus de cette liberté de choisir ses méthodes pédagogiques, l’enseignement privé sous contrat perdra sa liberté de manœuvre et s’enfoncera au même rythme que l’enseignement public.
Les redoublements efficaces sont possibles.
Certes, tous les redoublements ne sont pas profitables. Certes, s’il doit y avoir un redoublement, il vaut mieux que cela se fasse dans un autre établissement de façon que les compteurs soient remis à zéro et que les regards sur l’enfant soient rénovés. Certes on pourrait imaginer que le redoublement ne dure qu’un trimestre avec la possibilité de se refaire une santé et un moral.
Mais le Collège tristement unique interdit ces adaptations au cas par cas. Chacun sait que les pays qui ne pratiquent pas ou peu le redoublement recourent à l’enseignement en groupes de niveaux homogènes, à la spécialisation précoce des élèves dans les matières où ils sont bons, à la différentiation précoce des filières. Ce que font de nombreux collèges privés sous et hors contrat. Par ailleurs, le non redoublement n’a jamais prouvé sa supériorité sur le redoublement.
C’est donc au nom de l’Economie qu’on sacrifie des enfants (*). C’est au nom des économies qu’on supprime la liberté des établissements sous contrat. Arrêtons le massacre, et au nom de l’égalité cessons de supprimer la liberté comme le fait le Ministre de l’Education Nationale, Najat Vallaud Belkacem.
(*) sans parler des « écoles de la 2ème chance » financées par le contribuable, pour tenter le rattraper des élèves sortis d’un système éducatif, incapable de jouer son rôle.
(**) mais les élèves qu’on ne fait pas redoubler se retrouvent parfois en grande difficulté au niveau du bac, en dépit des consignes données aux correcteurs pour obtenir 80% d’admissions. Et du coup la Région Centre finance un dispositif pour aider les « triplants en terminale » ! (rapport n° 15.01.11.73 de la Commission permanente du 23 janvier 2015) Où est la logique ?





























En ce qui me concerne, je suis contre le redoublement, c’est une humiliation qui vous suit toute votre vie. Ceux qui n’ont pas redoublé vous méprisent. En plus, vous perdez tous vos camarades de classe, ce qui est un traumatisme. Vous pouvez très bien n’être pas très bon dans un programme d’une même matière, et être bon l’année suivante. Je prends par exemple les sciences naturelles. Je détestais le programme de 4e portant sur la géologie. Je n’y ai jamais rien entendu. Par contre, le programme en sciences naturelles de 3e me passionnait : corps humain et vitamines. En 4e, je n’étais pas bonne en sciences, en 3e, j’étais bonne. Idem en maths : en 4e, je détestais la géométrie, et j’étais bonne en algèbre. Il y a des pays qui ne le pratiquent pas, et ils ont raison. De surcroît, l’élève vit tout au long de l’année dans la peur de redoubler. À l’inverse, il est zen et travaille mieux sans cette obsession du redoublement. D’ailleurs, le redoublement ne sert à rien, tout le monde le dit.
mais aujourd’hui vous vous en êtes bien tiré vu votre petit texte… en plus vous votez patriote, que demander de plus à l’école de la République
La France socialiste a horreur de l’excellence, c’est un mot ordurier pour elle !