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Les tablettes en primaire. Une fausse bonne idée ?

Tablette 2La municipalité de Blois va équiper en tablettes dix-neuf écoles, sur deux ans. L’ensemble de l’opération est financé par la Ville avec une enveloppe de 800.000 € en investissement et 500.000 en fonctionnement. L’État a versé une subvention de 112.000 € (la Nouvelle République 21/12/2016).
Plusieurs questions se posent autant financières que pédagogiques.
Etant donné les contraintes budgétaires imposées par l’Etat, la Ville peut-elle soutenir ce plan de financement ? N’est-ce pas à l’Etat de financer le service public du numérique éducatif, conséquence directe de la loi pour la refondation de l’école ? Le matériel proposé, les tablettes, est-il le matériel adapté quand on sait que la Région – dont le maire de Blois est aussi vice-président – fait marche arrière en la matière et revoit son aide numérique aux étudiants de 3ème cycle ? Face à la fascination qu’inspire ou qu’imposent le numérique et l’obsession de l’innovation, y a-t-il un débat sur son introduction dans l’enseignement primaire ? Non. Celui qui  souhaiterait ce débat serait immédiatement qualifié de « ringard » ou de « passéiste » et c’est pour cela que les Verts qui initialement s’y opposaient à Blois ont fini par le voter mais… s’y opposent à la Région, dans une autre assemblée.
Benjamin Vételé, maire-adjoint chargé de l’éducation, affirme que cela permettra de mieux réussir. Ce n’est pas prouvé car les fondateurs du numérique ont tenu à ce que leurs propres enfants soient éloignés de ces écrans, au moins pendant le temps de leur première enfance dans le primaire. Il faut ajouter que les enfants, rares il est vrai, qui n’ont pas de télévision à la maison, réussissent mieux que leurs camarades. Autant parce qu’ils disposent de plus de temps pour lire et jouer que pour échanger et parler.
Le maire de Blois, Marc Gricourt, y voit un moyen de « renforcer l’égalité entre tous les élèves ». Erreur ou mensonge ? On ne sait pas mais la fuite en avant numérique est d’abord le signe de l’échec de décennies de réformes pour parvenir à une égalité jamais atteinte. On croit que la technique va panser toutes les plaies du système scolaire, incivilité, indiscipline (le mot existe-t-il encore ?), décrochage, alors que certaines causes sont clairement identifiées : apprentissage de la lecture par la méthode globale et non syllabique, classes hétérogènes, histoire thématique et non chronologique, classes babélisées en raison de la politique d’immigration massive etc…
Plus simplement, certains ont fait remarquer que, penchés sur leurs tablettes, les enfants ne plus aussi attentifs aux consignes du professeur et qu’ils ne comprennent plus l’intérêt d’apprendre puisqu’ils peuvent trouver sur les tablettes la totalité des informations. Possible !
Sans compter que des troubles de santé peuvent apparaître si l’on est exposé aux ondes électro-magnétiques. C’est pour cette raison qu’un député EELV, Laurence Abeille, a fait voter en 2015 une loi qui interdit l’usage du Wifi dans les établissements accueillant des jeunes enfants. Une loi qu’il faut appliquer à Blois cette année. Donc, pas de Wifi !
Au lieu de se lancer dans des dépenses qui n’ont pas apporté la preuve de leur efficacité, il faudrait prendre du recul et relire le rapport sénatorial du 1er juillet 2015 (« Faire revenir la république à l’école », rapport de la commission d’enquête sénatoriale Service public de l’Education qui soulignait l’inutilité d’une distribution de tablettes à l’école.
Afin de revoir ce plan numérique pour Blois. Sereinement.

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